Gradus ad Parnassum - Cours d'écriture musicale

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Unité 7.2 - Version complète du Choral 4 - Partie 2



Troisième et dernière phrase du choral 4 en la mineur "Was bist du doch, o Seele, so betrübet".

- 0:00 : présentation de la 3ème phrase du choral ;
- 3:54 : écriture de la basse ;
- 20:24 : complément à l'unité consacrée à la 7ème du IIème degré, utilisation du 2ème renversement ;
- 35:10 : réalisation à quatre voix ;
- 1:12:40 : complément d'écriture.

4 commentaire(s)

Par Thomazinette, écrit le 12/07/2017 à 20h49
Bonjour,
voici ma proposition pour cette fin de choral :
http://home.scarlet.be/~tg547430/images/Proposition.png
Bonne continuation, j'ai commandé le deuxième livre, je vous en dirai des nouvelles!

Par Jean-Louis Fabre, écrit le 15/07/2017 à 16h06
Bonjour,
bravo pour votre écriture qui possède de multiples qualités! J'y apprécie tout particulièrement la belle linéarité de votre basse: une montée régulière et conjointe qui va du si jusqu'au sol#, et même au la, car le petit détour par le mi ne constitue pas une interruption de cette montée.
Je me permets quelques remarques qui ne sont pas des corrections, mais de simples observations et éventuellement suggestions.
Attention à la quinte directe do sol après la quinte diminuée ré lab, entre alto et soprano. Elle est en générale évitée (chez Bach par exemple). Il est possible d'écrire deux croches sur le troisième temps de la mesure à l'alto, lab sol.
L'enchaînement de l'accord de do majeur à l'accord de ré mineur, les deux étant à l'état fondamental peut être considéré comme un peu brusque, et ayant une coloration modale. Ici, une belle chose serait d'écrire un do# à la basse au lieu du do bécarre. On aurait donc sur le dernier temps de la première mesure do# la sol mi, qui amène naturellement l'accord de ré mineur. De plus, on a do# ré, sensible tonique à la basse, qui précède votre ré# mi qui suit.
Sur le troisième temps de la deuxième mesure, je pense qu'il est meilleur d'avoir le si au ténor directement. L'échange la-si (ténor soprano) est en général à éviter, l'échange entre fondamentale et septième. La quinte diminuée, dernière croche de soprano de la mesure, en est plus légère et naturelle.
Attention, je le redis, ce sont de simples remarques, votre texte est bon!
Mais j'ai le défaut de toujours apporter mon grain de sel.
Encore bravo!
bien cordialement
Jean-Louis Fabre
Par Thomazinette, écrit le 20/07/2017 à 22h21
Bonjour M. Fabre,

un tout grand merci d'avoir pris le temps de lire avec attention ma tentative et d'y avoir apporté vos remarques pleines d'enseignements.

Je ne me suis pas rendu compte en écrivant de la grosse série de quintes consécutives entre le ténor et l'alto dans la première mesure. J'ai de quoi être honteux !!! Je dois encore m'entraîner pour prendre l'habitude de bien faire cet enchaînement...
Juste une question : la succession quinte juste - quinte diminuée que vous autorisez à l'unité 5.2 de ce chapitre doit-elle bien être considérée comme une exception ?

Merci beaucoup pour votre suggestion d'écrire do# avant le ré à la basse ; déjà repus de chromatisme, je n'avais même pas eu l'audace d'y penser, mais cette idée est géniale. La basse obtenue do#-ré-ré#-mi me rappelle furieusement le début du choral "Herzliebster Jesu" dans sa version de la Passion selon St Mathieu n°46 que j'ai découverte en poursuivant vos vidéos dans l'unité 9.1.

Votre remarque sur l'échange fondamentale-septième rejoint une intuition qui me traversait. Je n'étais en effet pas tout à fait à l'aise avec cette écriture, un peu trop redondante, vous mettez le doigt dessus.
J'ai pourtant trouvé un de ces échanges fondamentale-septième dans la 2ème fugue du recueil de Six préludes et fugues, op. 35 de Mendelssohn.
Voici le lien de la partition :
http://ks.petruccimusiclibrary.org/files/imglnks/usimg/7/7c/IMSLP04559-Sechs_Praeludien_und_Fugen_op.35.pdf
(La fugue est à la 12e page du document)
Au deuxième temps de la mesure 21, Mendelssohn passe de mi-mi-sol#-ré à mi-ré-sol#-mi. Mais dans le contexte, le ténor est en fait en train de chanter le sujet de la fugue, et le soprano de reprendre un motif de croches entamé dans les mesures précédentes. Il a donc de bonnes raison de faire cette échange, tandis que le mien est superflu.

Enfin, je remarque après coup une erreur de chiffrage de ma part : sur la deuxième moitié du deuxième temps de la 3eme mesure, j'ai voulu indiquer par les traits d'union que le 6 se prolongeait avec l'arrivée du 5 barré, mais en fait celui-ci remplace le 6, j'aurais dû écrire 5 barré tout court. J'ai appris avec soulagement, en visionnant votre unité 8.1, au troisième temps de la mesure 2, que les accords de quinte diminués qui succèdent à ceux de sixte sont corrects.

Encore mille mercis pour votre retour,
À bientôt,
Thomas
Par Jean-Louis Fabre, écrit le 31/07/2017 à 13h13
Bonjour,
je vous félicite pour votre attention soutenue au travers des œuvres. C'est bien avec ces multiples observations minutieuses et mémorisées, d'une oeuvre à l'autre, que l'on approfondit la maîtrise de l'écriture.
Pour répondre à votre question, la succession quinte juste, quinte diminuée est tout à fait bonne. Il n'y a pas de réserve à son usage. Par contre, le contraire, quinte diminuée puis quinte juste pose plus de problème. A priori, on évite cette succession. Mais je m'empresse aussitôt d'ajouter, quand j'évoque ce cas, que l'enchaînement est en fait tout à fait bienvenu. Cela concerne les quintes si fa, puis do sol, en do. J'en donne ici deux exemples parmi de nombreux autres: Beethoven , sonate opus 31,3, deuxième mouvement en lab majeur, au tout début, on a: sol réb, puis lab mib. Dans la sonate de Mozart, KV 331, en la majeur, dans l'andante initial, aux mesures 17,18, même chose, sol# ré, puis la mi.Je pourrais multiplier les exemples.
Oui, la succession à la basse, do# ré, puis ré# mi est une belle chose, et se trouve en effet dans la version du choral. C'est deux fois le mouvement sensible tonique. On trouve cette basse, pas exemple, aux mesures 8,9,10,11, dans l'andante du 21ème concerto de Mozart; la basse la sib, puis si bécarre do.
Bon travail!
Jean-Louis Fabre

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