Gradus ad Parnassum - Cours d'écriture musicale

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Unité 1 - Exercice 1, Basse donnée



Premier exercice, découpé en deux parties : une basse donnée, puis une seconde basse complexifiée à partir de la précédente.

- 0:00 : exercice 1a ;
- 29:07 : exercice 1b.

14 commentaire(s)

Par Pianistinconnu, écrit le 20/09/2017 à 09h46
Bonjour Monsieur,
en travaillant sur la basse 1B ( transposition etc etc) je me suis aperçu qu'à la fin de la mesure 2 ( accord de 6-5 barré ) l'intervalle entre la basse et le ténor était plus grand qu'une 10ème ( mi bécarre - si b ) cela ne me choque pas du tout, je trouve cela très agréable mais dans notre travail peut- on réaliser un intervalle comme celui-là ?
merci de votre réponse
très cordialement,
Eric PAUWELS,
Par Jean-Louis Fabre, écrit le 21/09/2017 à 16h55
Bonjour,
je pense qu'il est bon de fixer cette limite de dixième basse-ténor. Il en va de même pour d'autres règles qui s'avèrent très efficaces dans le travail et l'acquisition de solides bases d'écriture.
Par exemple, pas de doublure de la basse dans l'accord de sixte. C'est la meilleure manière d'apprendre à manier correctement l'écriture des accords de sixte. C'est un point de départ. Par la suite on observe pas mal d'accords de sixte qui doublent leur basse, et notamment dans le choral, dont c'est presque une caractéristique de style.
En ce qui concerne la limite dixième basse-ténor, après avoir été soigneusement prise en compte, elle peut être remise en cause, bien sûr, et à certains moments il serait dommage de se priver de la douzième basse-ténor. Une fois de plus , dans le choral, on trouve des douzièmes basse-ténor, même si elles sont très minoritaires, et parfois même la double octave, mais c'est une autre histoire, l'octave ayant un statut particulier.
En ce qui concerne votre exemple, c'est un peu différent, car on pourrait dire que la douzième diminuée, mi sib, n'est même pas une remise en cause de la règle de départ, car se sont des deux notes à mouvement obligé de part et d'autre de la dixième basse-ténor fa la, en fa majeur. A partir du moment où on écrit la dixième fa la, on peut s'autoriser à écrire la douzième mi sib, qui lui est totalement liée.
Donc, pas de problème, au contraire, cela permet de mieux cerner la notion.
Bien cordialement
Jean-Louis Fabre
Par Paul, écrit le 10/10/2016 à 21h22
Bonjour cher M. Fabre,
en reprenant aujourd'hui cette 1ère basse donnée, j'ai voulu tester les variantes où l'on commence au soprano non pas par le mib, mais par des notes plus aigües: sol, do ou le mib supérieur. Chaque fois je me suis heurté à des intervalles BT (basse-ténor) qui dépassent la 10ème. Parfois ils atteignent même 2 octaves. Je suppose donc que ce n'est pas bon. D'où ma question: est-ce que ces variantes que vous suggérez sont réellement possibles avec une écriture acceptable, et dans certains cas peut-on accepter de tels intervalles ou faut-il opérer des changements de position? Autre question: y a-t-il des techniques pour choisir le point de départ au soprano dans la réalisation d'une basse donnée de façon à ne pas se retrouver dans une situation d'intervalles BT inacceptables. Vous partez du mib en disant que c'est parce que la tierce est plus chantante, ce qui est vrai, mais je soupçonne que c'est aussi parce que vous savez que cela donnera une écriture plus équilibrée.
Merci de votre réponse, en espérant que le tome 2 de votre livre sortira bientôt, et que nous aurons aussi le plaisir de voir la suite des vidéos sur Couperin.
Par Paul, écrit le 10/10/2016 à 21h57
En fait si on commence par le sol ou le dos au soprano, en prenant la position large on trouve une solution où l'intervalle BT ne dépasse plus la 10 ème. C'est seulement la position fermée qui bloque. Par contre pour le mib supérieur même en partant d'une position large je n'y arrive pas.
Par Jean-Louis Fabre, écrit le 11/10/2016 à 06h51
Bonjour Monsieur Schwach,
content de vous retrouver!
Vous avez en effet trouvé la réponse à votre question. Il s'agit en effet, avec sol ou do au soprano, forcément de positions larges, car avec les positions fermées, dès le deuxième ou troisième accord, l'écart creusé entre basse et ténor est trop important. Je réponds au passage à une de vos questions: non, le très grand intervalle entre basse et ténor ne doit pas être admis. On pose comme limite en général la dixième basse ténor. Je pense qu'on peut accepter dans certains cas la douzième mais cela doit rester exceptionnel, sinon ces écarts trop grands sont tout simplement une mauvaise maîtrise de l'écriture.
En ce qui concerne le mib perché dans le dernier interligne de la clé de sol, c'est possible dans un cas: celui de la doublure de tierce. La position ne serait donc pas do do sol mib, mais do sol mib mib. C'est la position large de l'accord de tonique, souvent initial, avec doublure de tierce. On a alors do sol mib mib, puis lab lab mib do. Je trouve très belles les deux tierces parallèles basse soprano do mib, lab do. Cette écriture revient à celle avec do au soprano, mais avec une attaque plus chantante.Mais vous avez raison , le mib au soprano est vite impraticable.C'est d'ailleurs la position la plus large. La choisir comme début est toujours "dangereux", et quand la basse descend comme ici, elle est à proscrire. Mais c'est bien en essayant que l'on s'en rend compte.
Je ne devrais pas tarder à résoudre les problèmes de salle et pouvoir enfin reprendre les vidéos.
Le tome II est en bonne voie, mais il y a encore beaucoup à faire...
Un grand merci pour votre attention et votre soutien!
Bien cordialement
Jean-Louis Fabre
Par Paul, écrit le 11/10/2016 à 11h32
Merci pour votre réponse rapide et complète. J'ai l'impression de bénéficier d'un cours particulier !

Il se trouve que ce matin je suis tombé sur la partition de la partita pour orgue de Bach BWV768 Sei gegrüsset, Jesu gütig. On y trouve des intervalles BT qui atteignent deux octaves (donc 16ème ?) à l'avant-dernière mesure du choral initial. J'imagine qu'à l'orgue où on mélange des jeux de 16', 8' 4' et 2' c'est plus acceptable. C'est un peu comme si toutes les notes étaient de toutes façons plus ou moins octaviées.
Par apprenti sorcier, écrit le 30/06/2016 à 09h55
bonjour,
pour la 2ième version plus élaborée, je propose à la 1ière mesure et le 2ième temps la sixte augmentée italienne sans changement de basse: sib sol# ré
cela donne une succession d'accords plus coulée mais avec moins de caractère
qu'en pensez vous?
merci ,j'ai commandé votre livre

merci
Par Jean-Louis Fabre, écrit le 30/06/2016 à 10h17
A moins de vous avoir mal compris, je ne pense pas que cette sixte augmentée soit bonne.
En effet, une sixte augmentée sur sib, veut dire deux choses: qu'on est bien sur le VIème degré de la gamme, donc ré mineur, ce qui n'est pas du tout le cas, car sib de basse et sol#, la sixte augmentée proprement dite à l'une des autres voix, doivent s'ouvrir sur la bécarre, or, le la n'est pas bécarre. certes , il pourrait l'être , mais commencer par un accord de do mineur, éloigné de ré mineur, pour dès le deuxième temps être en ré mineur, et cela en attaquant d'emblée par une sixte augmentée.... , d'autre part , le sib portant une sixte augmentée se doit d'être une note réelle, or ici, il s'agit d'une note de passage, particulièrement faible et donc peu susceptible de porter l'accord si déterminé de sixte augmentée.
L'accord de sixte augmentée est trop fort pour se situer dans une position si faible.
Merci d'avoir commandé le livre, j'y évoque entre autres choses de l'intervalle de sixte augmentée, pas encore de l'accord du même nom, que je réserve pour un volume futur.
Merci de votre écoute
Jean-Louis Fabre
Par transfert de Facebook, écrit le 08/04/2016 à 12h26
Bonsoir, je vous écris à propos la vidéo 3.1 basse donnée.. Etes vous certains que le si bécarre de l'alto ne va pas sur le do à la fin de l'exercice 1 a ? Il me semblait que dans la cadence b l'on pouvait se permettre de ne pas résoudre la sensible d'une voix seulement si on entendait la tonique dans la voix supérieure... Mais la il n'y a pas de Do au soprano. Merci en tout cas.
Par Jean-Louis Fabre, écrit le 08/04/2016 à 12h27
Bonjour, votre question est particulièrement pertinente et me permet d'apporter une précision importante. Peut-être n'ai-je pas été assez clair ou ai-je laissé subsister quelque ambiguïté.
Dans ce que j'appelle "la cadence B", le IIème degré allant sur la tonique, la sensible peut et finalement doit abandonner sa volonté mélodique propre de note à mouvement obligé et se mettre au service de l'accord, autrement dit, abandonner l'intérêt horizontal au profit de l'intérêt vertical. Certes, elle le fait d'autant plus facilement lorsque la voix immédiatement supérieure fait entendre la tonique mais, dans le cas des positions larges, cet abandon de la tonique au profit de la dominante est maintenu. On en trouve de nombreux exemples dans les cadences des chorals de JS Bach. Ex : "Wer nur den lieben Gott..." en la mineur n°146 de mon recueil de 371 chorals chez Breitkopf (mon édition est ancienne, j'espère que la référence est toujours valable). Ce choral est en la mineur, la sensible sol dièse au ténor descend sur la dominante mi sans que, pour autant, l'alto fasse entendre le la. Basse, mi-la, ténor, sol dièse-mi, alto, mi-ré-do dièse, soprano, si-la.
Deux chorals plus loin, le n° 148 en sol majeur offre le même exemple dans sa cadence finale "Uns ist ein Kindlein heut' geborn".
J'espère vous avoir apporté quelque éclairage sur la question, c'est un aspect qu'il ne faut pas négliger. Bien cordialement, JL Fabre

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