Gradus ad Parnassum - Cours d'écriture musicale

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Unité 10 - Les septièmes de différentes espèces



Après l'étude de la septième de dominante, nous nous intéressons aux autres accords septièmes à l'exclusion de celui de septième de sensible : les accords de septième d'espèce. A noter la mention de l'emploi de la septième du deuxième degré spécialement dans la section cadentielle. Les exemples choisis sont : 1. J-S. Bach, Le clavier bien tempéré, premier prélude en ut, BWV 846 ; 2. Exemple spécialement écrit par Jean-Louis Fabre pour le cours. En outre deux ouvrages sont cités : Henri Reber, Traité d'harmonie, Paris, E.Gallet, 1862 ; Théodore Dubois, Traité d'harmonie théorique et pratique, Paris, Heugel, 1921.

19 commentaire(s)

Par apprenti sorcier, écrit le 11/10/2016 à 14h03
bonjour,
je commence à étudier les chorals de Bach,sur le n° 8 freut euch,ihr Christen (qui est très beau)à la mesure 10 on a une septième de sensible mib, solb sib do.Comment chiffre t on en général cette septième de sensible non diminuée? Merci et bon courage pour le second livre qui est très attendu.
Par Jean-Louis Fabre, écrit le 11/10/2016 à 18h17
Bonjour,
attention... non, non, si on parle bien de la 10ème mesure, on a les trois accords: mib solb sib do (le do grave en 2ème croche à la basse peut être négligé ici), puis fa fa la bécarre, mib passe au ténor, et enfin sib réb fa sib. Cet enchaînement de trois accords est un parfait exemple de cadence parfaite, fa fa la bécarre do est l'accord de dominante, le mib du ténor est la septième, et sib réb fa sib est bien sûr l'accord de tonique final de cette phrase. L'accord précédant, mib solb sib do n'est pas un accord de sensible. C'est le fameux accord de septième du IIème degré dans son état de premier renversement chiffré 6 5 (à la verticale). Nous sommes ici, avec ces trois accords dans la tonalité de sib mineur. L'accord de septième du IIème degré est bien do mib solb sib, accord de septième mineure et quinte diminuée, caractéristique de cet accord en mineur sur le IIème degré.
Ce choral est en effet magnifique. On a ici typiquement l'enchaînement II-V-I.
Bien cordialement
Jean-Louis Fabre
Par Jean-Louis Fabre, écrit le 11/10/2016 à 18h24
Vous pouvez vous reporter à la vidéo 2.10.1 qui traite de cet accord, vers la 20ème minute notamment. Si vous transposez en sib mineur les enchaînements que je donne au tableau, vous retrouvez l'enchaînement du choral.
Encore merci pour votre attention
Jean-Louis Fabre
Par Balzouk, écrit le 04/09/2016 à 15h14
Bonjour !
A la fin, vous précisez la nécessité d'indiquer la "rectification" de la sensible pour l'accord de 7ème de dominante, quand l'armure est en mineur. Et vous notez juste un bécarre sous l'accord, mais ce n'est pas le chiffrage conventionnel, n'est-ce pas ? Le note-t-on comme ceci :
7
+"bécarre"

?

ou 7
"bécarre"+

?

Je réalise que cela concernerait le cours précédent sur la 7ème de dominante, mais vous n'y faites pas allusion au mineur, me semble-t-il. Logique, puisque l'accord ne change pas en mineur. Mais le cas de l'annulation du si bémol de l'armure mineure se pose pour le chiffrage…

Merci mille fois pour ces cours dont je deviens accro.

Par Jean-Louis Fabre, écrit le 04/09/2016 à 16h34
Bonjour,
je réponds globalement à votre message par un petit résumé du chiffrage de l'accord de dominante en mineur, à l'état fondamental.
Lorsque la dominante est le simple accord de trois sons, sans septième, sol si bécarre ré, en do mineur, le chiffrage est bécarre. Quand dans le chiffrage on a une altération suivie d'aucun chiffre, c'est la tierce qui est affectée par cette altération. Par exemple, en ré mineur, l'accord de dominante, la do# mi, est chiffré #, qui indique que la tierce est dièsée. Quand on a l'appoggiature ou retard, en do mineur de la tierce de l'accord de dominante, la sensible, do si, le chiffrage est 4, puis bécarre, ce qui revient à écrire 4 3.En ré mineur , on aura 4, puis #.
Pour l'accord de septième de dominante, on chiffre 7. On pourrait chiffrer 7
+ #, ou béc.

Attention, le signe + signifie sensible; il équivaut à # ou bécarre, la sensible étant forcément la note altérée en mineur. On n'écrit jamais +#, c'est, si j'ose dire...un pléonasme.
J'espère vous avoir clarifié la question.
Encore merci de ...devenir accro des cours!
bon travail
Bien cordialement
Jean-Louis Fabre
Par Balzouk, écrit le 04/09/2016 à 18h22
Je ne sais comment exprimer mon admiration devant le soin que vous mettez à répondre à des questions de "novices". Merci encore !
Par Balzouk, écrit le 04/09/2016 à 18h26
J'en profite pour remarque à quel point ces vidéos créent une familiarité (bien sûr dans un sens seulement) entre vous et nous …ce qui fait qu'en lisant vos réponses, on les entend avec votre voix !
Par Georges, écrit le 26/02/2016 à 15h23
Bonjour,

Je suis en train de compléter une fiche récapitulative des accords à 4 sons et leurs renversements et je me suis rendu compte que, si vous le mentionnez en introduction comme faisant partie des septièmes d'espèces, vous n'avez pas détaillé l'accord de septième majeure, dont l'exemple est sur les touches blanches du piano FA (fa la do mi) et qui apparaît aux degrés I et IV. Voici donc mes questions :
1. En observant les renversements de cet accord, je n'ai pas réussi à aboutir un chiffrage conventionnel qui puisse différer de celui des accords de septième mineur. Est-ce que je me trompe? (car il faut bien les distinguer!)
2. Jusqu'à présent, et dans les unités du deuxième chapître que j'ai étudiées, vous n'y avez jamais fait référence: est-ce parce qu'il est peu usité, comme l'accord de cinquième augmenté (III degré du mode mineur)
J'espère que ces questions sont claires!
En tous les cas, merci et bien cordialement,
Georges
Par Jean-Louis Fabre, écrit le 26/02/2016 à 17h42
Bonjour,
il faut bien remarquer en effet, comme vous le faites, que cet accord dit accord de septième majeure, c'est-à-dire 3ce majeure, 5te juste et 7ème majeure, ne diffère en rien dans son chiffrage des autres septièmes d'espèce. Tout comme l'accord de septième mineure et l'accord de septième mineure et quinte diminuée en tant qu'accord de septième du IIème degré en mineur, son chiffrage pour l'état fondamental est 7, et pour les renversements, 6/5, 4/3 et 2. Leur différence, si j'ose dire, va de soi, car c'est le contexte tonal et l'armature à la clé qui permet d'établir leurs différences, et ce sans ambigüité.
Avec 2 # à la clé, en Ré majeur, ré chiffré simplement 7 est bien un accord de septième majeure.
Avec rien à la clé, dans un contexte de la mineur, ré chiffré 7 est bien l'accord de septième mineure, accord de septième de sous-dominante en la mineur.
Avec 1 bémol à la clé, dans un contexte de Fa majeur, ré chiffré 7, est l'accord de septième mineure, le même, mais de VIème degré.
Avec 3 bémols à la clé, dans un contexte de do mineur, le ré chiffré 7, n'a pas besoin de la mention Bémol 5, car le la est bémol à la clé.
D'où ce chiffrage indifférencié des accords de septième d'espèces, généralement rencontrés dans des marches harmoniques.
Ce sont les altérations à la clé et donc le contexte tonal qui les différencient.
A propos de l'accord de septième majeure et quinte augmentée, oui, je le néglige, mais encore une fois, ce n'est pas moi qui le néglige, c'est la musique elle-même. C'est en effet un accord assez ambigu, car il s'agit souvent d'un accord avec des notes étrangères. La sensible est souvent une appoggiature inférieure du do, et du coup cet accord n'est autre que l'accord de tonique. Il en va de même pour les renversements. C'est pourquoi, par souci de m'occuper des vrais éléments musicaux, j'omets en général d'en parler, même si par la suite des études, il est digne d'intérêt, par exemple dans la musique de Ravel.
J'espère avoir répondu à votre question.
Bien cordialement
Jean-Louis Fabre
Par Paul, écrit le 26/04/2015 à 22h06
Bonsoir et merci pour tous ces cours très clairs.
Comme vous l'indiquez l'accord de 7ème est souvent privé de sa quinte, et forme alors en fait un accord à 3 sons (avec la fondamentale répétée). Je m'interroge sur les renversements de cet accord incomplet. Est-ce qu'il est admis en harmonie tonale de considérer ces renversements comme normaux, et alors quelle note est doublée de préférence: est-ce aussi la fondamentale? Par ailleurs je suppose que les mouvements obligés resteraient les mêmes.
Je vous pose cette question par exemple en considérant un accord mi/sib/do qui serait le 1er renversement de do/mi/sib (7ème de dominante sans la quinte). Cet accord me paraît assez peu "naturel" en fait. Et sib/do/mi encore moins. Me trompé-je?
Par Jean-Louis Fabre, écrit le 27/04/2015 à 13h59
Bonjour, merci de votre intérêt soutenu pour les vidéos.
A vrai dire, comme j'ai eu l'occasion de le signaler ailleurs, si l'écriture de l'accord de septième est très souvent privé de sa quinte et donc double sa fondamentale, ses trois renversements sont par contre complets. Cet aspect concerne l'accord de septième de dominante, mais l'ensemble des accords de septième, appelés accords de septième d'espèce suivent ce modèle. A quatre voix, l'accord de septième de dominante connait deux écritures à l'état fondamental: incomplet, donc sans quinte et avec doublure de la fondamentale, et complet, donc avec quinte et sans doublure. Les trois renversements: sixte et quinte barrée, sixte sensible, quarte sensible ou triton, sont tous complets. J'en reparle dans le deuxième chapitre, lorsque sont de nouveaux abordés les accords de septième de dominante.
N'hésitez pas à me solliciter en cas de doute.
merci de votre attention et bon travail
Jean-Louis Fabre

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